C'est
une chambre d'hôtel minuscule à six livres
la nuit. Un lit simple en cuvette, une petite table dans un coin
aussi râpée et dévernie que l'armoire en style
pas très sûr qui occupe à elle seule un tiers
de la pièce. Klaus-le-routard
aime décidément les vacances à la Spartiate;
ce qui, je dois l'avouer, n'est pas vraiment de mon goût.
Klaus est là qui m'attend, le nez chaussé de petites
lunettes, perdu dans un gros dictionnaire de grec ancien.
- "Vous voilà
enfin! Mais regardez-moi donc ça. Qu'en pensez-vous?"
A la vérité, pas grand chose, n'étant pas certain
de l'endroit qu'il me désigne du doigt. Soudain, je comprends
son émoi. Sur la porte que je viens de refermer en entrant,
s'étalent, rapidement tracés à la craie rouge
des caractères grecs antiques! |
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"Mais alors, le docteur Khalil ne nous a pas raconté
des histoires!"
Certes non. Presque effrontément,
les lettres rouges recouvrent la porte de la chambre qui ressemble
ainsi à un tableau de classe ou à un mur couvert
de graffiti du
métro parisien.
- "J'en ai déjà
traduit les trois premières lignes, me dit Klaus avec une
pointe de fierté. Et vous savez, je n'ai plus fait de grec
ancien depuis ma dernière année universitaire; ce
qui remonte à loin!"
Alors Klaus, le nez toujours
pris dans ses lunettes en demi-lune, commence sa lecture d'un
ton incantatoire:
"Celui qui cherche trop loin la vérité peut
se brûler les ailes comme Icare
et finir comme lui, tandis que celui qui
Et voilà où j'en suis. Il ne me reste plus que les
deux dernières lignes à traduire".
Klaus se replonge dans son dictionnaire, glissant nerveusement
son doigt sur les pages. "Nous y sommes, attendez
Voilà:
tandis que celui qui respecte le sommeil du fils d'Amon
connaîtra la félicité. Signé: les Alexandres".
- "Mais, dites moi, fais-je
avec un petit sourire, Icare est bien mort noyé dans la
mer. Vous savez nager, j'espère?
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