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Ce
que j'apprécie chez Klaus, c'est son inépuisable énergie. Son esprit
semble toujours en mouvement et de nouvelles idées s'y pressent
continuellement comme les passagers des taxis collectifs du Caire,
à l'heure de pointe. Laisser un temps le tombeau d'Alexandre et la mosquée Nabi-Daniel de côté pour visiter
les catacombes, voilà pour me séduire! Depuis deux jours que je
suis à Alexandrie, je n'ai en effet
rien fait d'autre que passer une mauvaise nuit dans un souterrain
humide. Même si je ne ressemble pas le moins du monde à ces touristes
en voyages organisés qui prétendent visiter Le Caire, Louxor, Assouan et le Mont Sinaï
en deux après-midi, la France en une journée et l'Europe en
trois jours, j'aime pourtant pouvoir me dire chaque matin:"Aujourd'hui
est un autre jour. Et je vais pouvoir vivre autre chose!"
Quelques rues tortueuses, la colonne Pompée qui émerge d'un jardin,
et enfin, après une bonne heure de marche, les fameuses catacombes. Nous descendons
d'abord dans cette cité des morts souterraine par un escalier qui
tourne comme une coquille d'escargot autour d'un puits. "Regardez,
me dit Klaus, les catacombes sont inondées". En effet, au fond
du trou stagne de l'eau claire. Au bout d'un moment, l'espace s'ouvre
sur plusieurs couloirs creusés dans la roche, une salle de banquets funéraires et des petites
chambres toutes trouées de tombes. |
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"Superbe!" En face
de moi, il y a une pièce sculptée comme un temple. C'est une tombe
de l'époque romaine avec des colonnes égyptiennes en forme de
papyrus, des serpents gravés
sur les murs et des boucliers de pierre de style grec. Au fond,
le défunt et son épouse sont représentés en bas-reliefs très réalistes
comme toutes les statues romaines, déguisés plutôt qu'habillés
à la mode des pharaons. Tout ce mélange de
styles fait penser à un décor de film hollywoodien, à "Cléopatra"
ou autre péplum au royaume d'Isis.
Cependant, il faut marcher sur de vieilles planches de bois posées
sur des blocs de pierre pour garder les pieds au sec car, là aussi,
l'eau a inondée le tombeau.
- "Si seulement Alexandre avait une tombe aussi
belle!", dis-je avec enthousiasme.
- "La sienne devait être bien plus belle! Mais vous savez,
continue Klaus, Cléopâtre a remplacé le sarcophage
en or massif par un autre en verre car elle avait besoin de toutes
ces richesses. Sans doute le tombeau d'Alexandre a-t-il été pillé
dès le début par toute la famille des Ptolémée. Et si Mohamed-Ali
l'a vraiment découvert avant de faire construire la mosquée Nabi-Daniel
au-dessus, il est presque certain qu'il se sera emparé du trésor
du grand conquérant... s'il y avait encore un trésor au 19e siècle!"
Tandis que Klaus parle comme un grand archéologue, je remarque
que les visages de jeune homme aux cheveux bouclés gravés sur
les boucliers et disposés de part et d'autre du cercueil de pierre
ressemblent curieusement... à Alexandre lui-même. Je ne dis pourtant
rien à Klaus, de peur de faire là une remarque ridicule.
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